Au fond je le savais… Mince, étroit et lisse : le corps que l’on agite sous nos yeux s’impose comme un modèle unique et réducteur. Quel que soit notre âge, notre morphologie, notre état, nous nous heurtons sans cesse à cette représentation. Le corps ainsi imposé ne représente pas la diversité de ceux qui existent, il ne correspond à rien si ce n’est un fantasme – celui de qui au juste ?

Capitons, cicatrices, vergetures, poils, plis, ventre rebondi, seins lourds, cuisses moelleuse,… Tous ces attributs communs (oserais-je dire normaux ?) sont, semble t’il, jugés disgracieux. Jugée, commentée et évaluée dans une rengaine réductrice et souvent culpabilisante, la chair de la femme appartient à tous. Et sans cesse nous sommes ramenées à ce corps qui doit être, sinon beau, présentable au moins.

Le body shaming commence là! Là où l’on emprisonne toutes les femmes dans un seul corps en leur racontant, sur tous les tons, que la norme, c’est ça. Là où l’on commente sans cesse, où l’on critique, où l’on juge. Comme si nous n’avions rien d’autre à nous dire!

Mère d’une petite fille, je m’interroge beaucoup sur les messages que je lui transmets (et lui transmettrai) de manière explicite ou non. Dois-je lui dire qu’elle est belle ? Oh elle l’est ! Mais je lui dirai surtout que le corps de la femme ne se résume pas à un seul corps et que la femme ne se résume pas au corps seul. Je lui dirai que son corps n’a pas pour fonction d’être admiré mais d’être usé par les gestes et les mouvements, les baisers et les caresses.

Aujourd’hui, je lutte avec moi-même oscillant entre l’envie d’assumer mes nouvelles courbes et celle de les éliminer à coup de régimes drastiques. Mais pour plaire à qui ? À moi ? Aux autres ? Sans doute pour correspondre à l’image que je me fais – malgré moi – de la beauté.

Le fantasme est bien ancré mais je m’en débarrasserai comme d’un vêtement trop petit – avec difficulté mais définitivement. En attendant, mangeons, dansons, caressons, embrassons, jouissons… Vivons quoi!


Envie d’aller plus loin?

Cher corps – Dans de courtes vidéo, la réalisatrice Léa Bordier interroge des femmes sur le rapport qu’elles entretiennent avec leur corps. Juste, rassurant et décomplexant!

The Nu Project – Depuis 2005, Matt Blum et Katty Kessler photographient des femmes « normales » au quatre coins du monde. Beau et réjouissant!

La poudre – Lauren Bastide interroge ses contemporaines sur leur rapport à la féminité :  » comment ont-elles été façonnées par l’éducation qu’elles ont reçue, les invectives de la société,  leur rapport à leur corps ? » Intelligent et enrichissant!

La poudre lit – Pour chaque épisode, trois ouvrages abordant des questions primordiales sont proposés afin d’approfondir le contenu du Podcast.

Écrit par Eglantine Quataert
Son blog > http://marcelleetjosephine.com/
Son compte Instagram > C’est ici !

 

 

Posted by:bonjourlasmala

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