Avant d’être Maman, je vivais à 100 à l’heure, de nature peu patiente, plutôt du genre « marche ou reste au bord de la route ». Les marques d’affection n’étaient pas vraiment mon dada, attentive aux autres oui mais peut-être pas comme il faut… Ecolo mais ce qu’il faut, consciente du monde extérieur mais pas vraiment actrice du changement.

Et puis, il y a 3 ans je suis devenue Maman pour la première fois…
La maternité a été comme une claque, un-raz-de-marée qui a ébranlé ce que je croyais être, ce que je pensais me définir, et qui a révélé ce qui était dessous, enfoui. Un voile s’est levé mettant à nu un bonheur infini, des évidences mais un paquet de doutes aussi.

Le déclic de la maternité
Les changements ont commencé dès que j’ai su pour ma grossesse.

Pour la santé de ce petit être en devenir, par petites touches, j’ai commencé à interroger puis à modifier mes habitudes : cosmétiques – en arrêtant notamment la coloration chimique au profit du végétal pour faire la peau aux perturbateurs endocriniens – alimentaires – pas spécialement carnivore à la base, j’ai eu une grossesse végétarienne et 100% bio. La naissance de Kim a été un véritable catalyseur.

Les questionnements se sont accélérés : les vêtements que j’allais lui faire porter étaient-ils produits par des enfants à l’autre bout du monde ? La crème pour son corps avait-elle était testée sur des petits animaux sans défense ? Pas très partante pour allaiter, j’avais opté pour un lait infantile bio sans huile de palme (pas sûre d’avoir été championne sur ce coup-là #intolerenceaulactose). A défaut des couches lavables, ses fesses étaient au moins en sécurité dans des couches sans produits chimiques.

Sa venue au monde a été également une prise de conscience au niveau personnel : celle de mon propre impact sur l’environnement. Petit à petit, les choses me sont apparues sous un autre angle, je voulais un monde « zéro-déchet », respectueux, durable. Le retour en arrière n’était plus possible : j’étais devenue « accro ».

Et puis histoire de ne pas faire les choses à moitié : j’y suis allée à fond, bien sûr.
A la maison j’ai passé tout le monde à une alimentation 100% bio, déserté les supermarchés, fui tout produit transformé ou industriel, revu du tout au tout notre mode de consommation, adopté le compost et les courses en vrac, et ce, quasi du jour au lendemain.

Architecte en libéral avec des semaines déjà bien remplies, je me suis mise à faire beaucoup de choses moi-même – en plus de tout le reste – pour atteindre cet objectif que je m’étais fixé (paye ta charge mentale)… sans compter l’envie de partager cette expérience dans un blog imaginé avec Camille, une de mes sœurs.

Sans dessus dessous
J’avais repris le boulot quasi instantanément après l’accouchement, embrassant en même temps mon rôle d’entrepreneur, de nouvelle maman et de femme, comme beaucoup d’entre nous certainement. Le papa a supporté ces changements sans trop dire, m’a suivie et a fait de son mieux.

Sans compter cet amour nouveau qui venait bouleverser mon monde. Ce petit être en construction, cette nature vierge, brute. Les yeux immenses de cette enfant me faisaient comprendre que j’étais son roc tout en mettant aussi ma non-patience à rude épreuve, me demandant de prendre le temps, pour elle.

De tels changements ne sont pas sans conséquence, forcément.
A un moment donné, il a été nécessaire voire urgent de ralentir…

L’épreuve de la réalité : balance, transmission, équilibre
Le moment était venu de choisir mes priorités, de pondérer ma volonté d’être jusque-boutiste, de définir ce qui est vraiment essentiel pour elle, pour moi, pour nous. Ce qui était non négociable, ce qui pouvait être admis, et ce, sur quoi je pouvais lâcher prise – et cela sans compter les autres essentiels de l’éducation.

Mais n’est-ce-pas cela, au fond, la parentalité : la théorie et les principes qui se déforment à l’épreuve de la réalité ? En fait, je pense qu’en filigrane se pose la question – même inconsciente – de tout parent : qu’ai-je envie de transmettre à mon enfant ? Au-delà de l’amour inconditionnel que je lui porte et de ses besoins primaires à assouvir, j’ai choisi mon dada.

Parce qu’elle fait partie de la génération future, celle qui vivra dans le monde de demain, celle qui peut encore agir sur le changement climatique, il est essentiel pour moi de l’aider à prendre conscience de notre impact sur la nature, par l’alimentation, par notre consommation, par notre relation aux autres. Que le bonheur n’est pas comme j’ai pu longtemps le penser dans la possession sans bornes mais dans le partage, l’humanité, le respect du vivant. Forcément cela crée une différence.

Quelqu’un m’a dit un jour : « tu verras à 18 ans elle t’enverra balader avec tes légumes bio et ton tri sélectif et filera chez McDo ». Peut-être… peut-être pas. J’aime aussi à croire que ce sont des bases solides, pour la vie. Selon moi, cette différence peut aussi être sa force, faire partie de notre histoire, notre complicité.

Néanmoins, je comprends aussi chaque jour un peu plus, que pour la laisser profiter naïvement de l’enfance, il est indispensable de modérer cette volonté, comme pour une belle plante, qu’on doit arroser un peu mais pas trop non plus, tout en espérant au bout du compte que ça sera suffisant…

  • La laisser parfois profiter de la douche sans lui parler des africains qui n’ont pas d’eau mais en mettant plutôt le chronomètre pour limiter. Me dire que ce n’est pas grave si elle mange des sucettes avec un bâtonnet plastique de temps à autres mais acheter des bonbons en vrac le reste du temps,
  • Laisser sa grand-mère lui acheter des habits neufs et trouver le gros de sa garde robe en seconde main,
  • Lui apprendre à chiner des petites voitures ou des puzzles chez Emmaüs et lui offrir aussi de beaux albums d’illustration,
  • Utiliser des gourdes réutilisables en plastique pour faire comme les copains à l’école et à coté de ça lui apprendre des gestes simples – déjà adoptés – comme ramener l’épluchure de la banane du goûter pour la mettre au compost,
  • Transformer la cuisine en terrain de jeu afin de lui transmettre le goût des bons aliments, produits avec respect mais ne pas tolérer le gaspillage alimentaire,
  • Lui expliquer qu’à la maison, Maman cuisine végétarien car elle a décidé de ne pas manger d’animaux mais qu’elle peut bien sûr de goûter à la viande si elle en a envie à partir du moment où elle sait que c’est un animal.

Elle fera ensuite ses propres choix, en pleine conscience. Les vagues auront duré presque 3 ans. Et des vaguelettes il y en a encore et peut-être seront-elles toujours là. Mais, souvent comme après une tempête, tout apparaît plus clairement. Alors oui ça prend plus de temps, et ça demande d’interroger sa place dans le monde en tant qu’adulte.

Mais qu’on se le dise, au-delà du temps et de l’énergie consacrés, j’y trouve largement mon compte au final, ça me galvanise et participe à mon épanouissement personnel.

Aujourd’hui donc, je suis devenue Maman, et cette femme-là prend le temps de ralentir, d’être patiente même si ce n’est pas encore toujours au point, a appris à ces dépends la bienveillance. Je suis devenue « accro » aux câlins de koala. Une maman et une femme presque «zéro-déchet » consciente de l’urgence du changement pour le bien de la planète et de nos enfants avec l’envie profonde de faire sa part de colibri.

Finalement, mon histoire est commune. C’est celle d’une maman qui veut transmettre à son petit ce qu’elle juge essentiel mais qui tâtonne souvent, se plante parfois, mais qui recommence toujours. Pour citer une célèbre et avisée Maria : quel adulte serait-on sans l’enfant qui nous aide à nous élever ?

Car grâce à Kim, je grandis aussi.

Elle m’a révélée ❤︎

Claire.

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Posted by:bonjourlasmala

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