Quand Nima se dévoile…

Yasmine: Quelle relation entretiens-tu avec ton corps?

N: « Ça a été un peu compliqué. J’ai 3 frères et j’ai toujours préféré la
compagnie masculine. J’ai été la bonne copine et celle qui déteste les « vraies filles », coquettes et qui parlent bien. Je subissais les hormones de mes amis garçons qui s’intéressaient aux filles et les reluquaient devant moi.

En parallèle, j’entendais des personnes de mon entourage me dire que j’étais belle. Je me suis posée la question au lycée, vers la 1ère quand j’ai commencé à vraiment penser aux relations amoureuses. Je me demandais ce qui n’allait pas. Je culpabilisais d’être bien plus grande que les autres, je me comparais aux autres filles qui avaient des copains et puis je me savais garçon manqué.

En fait je me cachais. Des rajouts toujours attachées, des pantalons bien larges tout comme mes tops d’ailleurs. En fait moins on en voyait et mieux je me portais. »

N: Ce qui m’a fait me poser la question: à qui veux-tu plaire ? J’ai arrêté de penser aux autres pour vivre pour moi. Aujourd’hui, il n’y a pas une journée sans qu’on me regarde de haut en bas quand j’entre dans le métro. Je fais une tête de plus que tout le monde. Quitte à attirer les regards, autant en profiter. Peu m’importe le regard des autres sur mon corps, je me dis que c’est moi, que je n’en changerai pas demain alors autant faire avec ce que j’ai.

Il m’arrive de me dire « t’as grossis » mais je relativise assez facilement en me disant que c’est la vie et que c’est de mon fait. Donc si je veux que ça change, que je me bouge sinon, j’accepte et roule ma poule ! Ça marche aussi quand on m’appelle Monsieur (environ 1 fois par jour quand je sors dans la rue). J’ai la chance d’avoir un partenaire qui même au réveil avec mon foulard sur la tête, mon legging plein de poils de chat et mon débardeur déchiré me trouve belle.

Yasmine: Que te procures la danse?

N: « Joie et bonheur dans mon coeur. Je n’ai jamais dansé sérieusement, les personnes qui me croisent en soirée pourraient en témoigner. Ça peut m’emmener jusqu’au bout de la nuit.

C’est aussi de la fierté parce que c’est une des activité qui représente bien ma famille. Je pense facilement à ma mère qui faisait nuit blanche à danser il y a encore 1 an (elle à 63 ans), avant d’enchainer sur une
journée de travail. Mon père et ses danses cubaines, mes frères et leur
« Mia ».

Un moment de liberté. Je peux danser entourée ou seule. Un autre monde
créatif s’ouvre à moi. C’est exutoire. Ça m’aide à faire sortir les choses.
Je suis contente, je mets un son et paf, je danse (chez moi, dans la rue, kif-kif ). Je suis triste, la musique m’accompagne encore. »

Yasmine: Comment te trouves-tu sur ces images?

Nima: « Je suis musclée, merci les 9 ans de volley. Je ressemble tellement à mes frères. Jamais sérieuse cette meuf ! Mes parents vont sûrement voir que leur enfant rebelle a des tatouages. Non mais plus sérieusement, c’est fou. Comme tout un chacun (je l’espère en tout cas), je me suis trouvée belle.

Tes images et ton regard y sont pour beaucoup mais je me vois à l’aise, dans la déconne à faire ce que je m’évite de trop faire : me montrer à nu. Ça casse totalement avec ce que je disais avant mais, par exemple, dans la rue, j’impressionne la plupart du temps et là c’est juste moi. Je me vois femme, féminine. »

Posted by:bonjourlasmala

2 replies on “Le Corps et la Danse…

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